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Madame Eugénie LONY

Parcours professionnel de madame Eugénie LONY

Madame Eugénie LONY, née DARCISSAC voit le jour à Cayenne le 5 mars 1916. Issue d’une famille très modeste, elle est l’aînée d’une fratrie de 4 enfants. Orpheline de son père à l’âge de 17 ans et dans l’obligation d’aider sa mère à faire vivre la famille, elle veut néanmoins aller au bout de son rêve qui est de devenir enseignante. Elle veut contribuer à l’éducation de la jeunesse guyanaise, à l’exemple des maitres qui l’ont formée et qui, devant sa détermination, la soutiendront dans son projet. Pour elle, plus qu’un choix, c’est une vocation.
Eugénie Darcissac entre donc à l’Ecole Normale où elle obtient le Brevet Supérieur puis le certificat d’Aptitude Pédagogique. Devenue institutrice, commence alors pour elle une série d’affectations dans les communes de Guyane - insalubres et difficiles d’accès à cette époque - comme c’était le lot de la plupart des institutrices célibataires de son temps.
En 1937, après son premier poste à Sinnamary, Eugénie Darcissac exerce successivement à Trou-Poisson, Tonnégrande, Matoury.
A Régina, elle contracte un paludisme sévère et doit être ramenée en urgence à Cayenne.

En 1942, elle fait partie d’une équipe appelée « La brigade de l’Ouest », composée de 6 enseignants, 3 hommes et 3 femmes. Cette équipe avait pour mission de mettre en place, à St Laurent du Maroni, une organisation scolaire identique à celle des autres communes de la colonie.
En 1944, elle épouse Bertrand Lony, l’un des enseignants de la brigade. Ils continueront ensemble leur mission à St Laurent avant de regagner le chef-lieu en 1947. Madame Lony est alors affectée à « l’Ecole des filles ».
C’est au cours d’un congé administratif à Paris, en 1949, que l’intérêt de madame Eugénie Lony pour l’école maternelle se précise : elle se rend chaque semaine à l’Ecole Normale des jeunes filles de Sèvres afin d’assister aux conférences pédagogiques organisées par Mlle Léandrie, Inspectrice Générale des écoles maternelles.
Désireuse de se spécialiser, Eugénie Lony s’intéresse particulièrement à la psychologie du petit enfant jusqu’à six ans. Ainsi, accompagnée de son époux, elle suit également les cours de M. René Zazzo, psychologue et fondateur des premiers services de psychologie scolaire. Elle étudie l’importance des influences extérieures sur les premiers apprentissages et apprend d’autres méthodes pédagogiques qui tiennent compte, notamment, de l’environnement familial. Elle complète ainsi sa formation initiale et envisage son métier selon une nouvelle approche. Cette imprégnation influencera définitivement sa manière de servir.
En 1950, Eugénie Lony est affectée à l’école maternelle Joséphine Horth et fait ses débuts avec une classe de section des moyens. Sans se plaindre des effectifs pouvant aller jusqu’à 50 élèves à l’époque, elle découvre un nouveau métier qui la passionne. C’est la révélation. Elle dit : « Ce que j’aime à l’école maternelle, c’est la part importante que l’on prend à l’évolution de l’enfant : socialisation, éveil de l’esprit de découverte, premiers apprentissages dont celui de la discipline » Tout cela la fascine et elle se révèle une maîtresse impliquée et perfectionniste, aimée de ses élèves, appréciée aussi bien des parents que de sa hiérarchie.
En 1957, elle fait un premier intérim de direction pendant le congé administratif de la directrice, madame Solange Patient. C’est encore une révélation, qu’elle qualifiera par la suite « d’expérience fondamentale » : elle prend conscience et connaissance des qualités et compétences requises pour mener à bien cette tâche. Les années suivantes, elle assurera de la sorte d’autres intérim, perfectionnant ainsi sa pratique dans ce domaine.
En 1966, la directrice partant à la retraite, Eugénie Lony est réglementairement nommée à la direction de l’école maternelle Joséphine Horth. Cependant, elle souhaite rompre avec la routine d’un établissement déjà ancien et demande à diriger l’école maternelle de Mirza, alors en construction.
Elle obtient satisfaction et, de 1968 à 1976, madame Eugénie Lony sera la première directrice de l’école maternelle de Mirza.
Quand elle prend son poste, elle est enthousiasmée par ce nouveau challenge, qui consiste à mettre en place sa propre organisation, dans une école qui n’a pas connu d’autre direction, d’autre fonctionnement. Ce terrain vierge la stimule. Elle a envie de tenter quelque chose d’original.
En effet, elle déplore que l’école maternelle soit trop souvent considérée comme une « super garderie », et rien de plus. Elle sait, au contraire, qu’il s’agit d’un passage important, à l’âge où l’enfant se montre particulièrement réceptif à toute stimulation intellectuelle.
Pour Eugénie Lony, cette direction est une nouvelle opportunité de mettre en application l’enseignement de Mlle Léandrie afin de changer le regard porté sur l’école maternelle et lui rendre ses lettres de noblesse.
Ainsi, sa priorité sera de structurer son établissement de façon exemplaire et d’en faire un cadre pour de nouvelles méthodes. Pour ce faire, elle réunit régulièrement les enseignants, dont elle organise les concertations et à qui elle prodigue des conseils pour une pédagogie innovante, basée sur la psychologie de l’enfant et les étapes de son évolution.
Le personnel de service, qui a son rôle à jouer, est aussi périodiquement invité à des réunions interactives sur des points d’amélioration ciblés. Madame Lony supervise personnellement le travail de chacun et cette petite femme discrète, mais pleine d’énergie, parvient à communiquer son enthousiasme ; elle crée une émulation dans la recherche d’une nouvelle approche de la maternelle, au sein d’un climat collaboratif très bénéfique à toute la communauté éducative de son école.
Par ailleurs, en s’intéressant aux influences extérieures et à l’importance de la famille, elle s’aperçoit vite que le public scolaire, à la cité Mirza, n’est pas tout à fait le même que celui qu’elle a connu au centre-ville : ici, beaucoup d’élèves viennent de milieux défavorisés. Eugénie Lony voit d’un coup d’œil les vêtements propres mais usés, les enfants qui n’ont pas eu de petit-déjeuner, les parents préoccupés ; elle se donnera comme deuxième objectif de les aider.
Dès la première année, elle crée une association, appelée simplement « Association des mamans et amis de la maternelle », qui rassemble sans peine les membres fondateurs nécessaires, puis de nombreuses personnes sympathisantes, parmi lesquelles des enseignantes retraitées et des épouses de hauts fonctionnaires - notamment l’épouse du maire - qui trouvent cette initiative intéressante et utile.
L’objectif est double : apporter un soutien matériel aux enfants des familles modestes et ajouter à l’établissement une dimension culturelle en rythmant les périodes scolaires par de petites fêtes. Pour Mme Lony, il est important que les parents participent à la vie de l’école et que les enfants prennent plaisir à s’y rendre.
Une fois par semaine, les membres de l’association, essentiellement des femmes, se réunissent dans des ateliers « couture », « crochet », « préparation de fêtes » et autres… Les vêtements confectionnés permettent d’aider discrètement les familles qui en ont besoin. C’est aussi l’occasion d’échanger des idées, de réfléchir à l’imprégnation culturelle des spectacles et, bien sûr, de parler pédagogie !
Les cotisations servent, entre autres, à compléter le matériel scolaire, constituer une bibliothèque pédagogique et, assez souvent, à offrir un petit déjeuner aux élèves qui arrivent à jeun. 
Par ailleurs, madame Lony établit une relation de confiance avec la mairie qu’elle n’hésite pas à solliciter pour les projets de plus grande envergure. Elle obtient ainsi, par exemple, qu’un goûter quotidien soit servi à tous les élèves.
Cette association et tout l’ensemble du fonctionnement de son établissement, font la fierté de madame Lony qui en recueille les fruits dans la reconnaissance des parents et l’épanouissement des enfants.
Mais, elle le dit : son action s’inscrit dans une vision sociale plus large où tous les petits guyanais, correctement instruits et éduqués dès la petite enfance, seraient maîtres de leur destin. A l’école maternelle, elle pose les bases de cette société future. Eugénie Lony s’implique donc aussi dans la réflexion collective qui anime son pays ; elle participe, notamment, au colloque sur « La condition féminine », organisé en 1975 par la F.O.L. (Fédération des Œuvres Laïques) de Guyane.
Eugénie Lony prend sa retraite en 1976, à grand regret, mais fatiguée par les séquelles d’un paludisme récurrent.
A son départ, elle fut fêtée par tout le personnel de l’école maternelle de Mirza, « son école », comme elle aimait à le dire, heureuse d’avoir été la première directrice de cet établissement et d’avoir si bien contribué à son rayonnement
Mère de trois enfants, Eugénie Lony se définissait volontiers comme une mère universelle. Au long de sa carrière, elle fut guidée par sa foi en sa mission d’enseignante et par l’amour des petits dont elle disait : « Ils sont naïfs et bons, confiants et sincères, tellement innocents. »

Le travail de madame Lony fut reconnu et récompensé par plusieurs distinctions honorifiques, parmi lesquelles :
La « Mention Honorable des instituteurs », en 1953
La Médaille de bronze des instituteurs, en 1959
La Médaille d’argent des instituteurs, en 1968
Elle fut également Officier d’Académie puis Chevalier des Palmes Académiques
En 1972, quatre ans avant sa retraite, madame Eugénie Lony reçut, avec une émotion particulière, le Prix Pauline Kergomard qui récompensa ses recherches en pédagogie, sa vision moderne de l’enseignement et son attachement à réhabiliter l’école maternelle.

IEN MATERNELLE :
Mme Andrée STEPHENSON
Andree.Stephenson@ac-guyane.fr
0594 27 19 91


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