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La pédagogie par ateliers

La pédagogie par ateliers tournants est certainement une des spécificités remarquables de la maternelle. Quel que soit le mode de ventilation des ces ateliers :

  • sur la semaine,
  • sur deux jours,
  • la journée,
    Des observations sont à émettre sur les limites de ce système.

1- Des enfants « papivores »

Dès la petite section le papier prend une place importante dans la vie scolaire de l’enfant (oui de l’enfant car, par les nouveaux programmes, ils ne sont pas encore élèves). Pourtant physiologiquement et mentalement ils ne sont pas prêts. Cela induit différents problèmes comme :

  • La mauvaise tenue de l’outil scripteur,
  • Une mauvaise posture assise
  • Un rapport de l’enfant à l’école suivant l’équation suivante :

Production écrite = travail = 😃

Si les deux premiers points peuvent être rectifiés (mais c’est souvent difficile à réaliser car chronophages) le dernier est quasi impossible à faire évoluer. À tel point qu’il n’est pas rare qu’en moyenne/grande section, une journée sans papier se résume, lors du bilan de la journée par cette phrase assassine :

« Maitre(sse) on n’a pas travaillé. »

Cet abus de langage usité par les enfants, parents et enseignants doit selon moi disparaitre : les enfants viennent à l’école pour apprendre, devenir et certainement pas travailler.
Mon constat est que le papier « rassure » les parents, les enseignants en instaurant un rapport de productivité aux apprentissages ce qui est à l’encontre des préconisations des programmes de 2015.

2- Des enfants peu concentrés, automatisés et peu réflexifs

Les ateliers, involontairement, favorisent ces constats car le papier est très présent dans les activités satellites et par définition sans contrôle direct de l’enseignant.
Les tâches exécutées sont souvent mal réalisées, le copiage est favorisé car le travail est individuel, ce qui accroit au final les inégalités entre les enfants : celui qui sait faire en compréhension, réalise, les autres copient.
Parfois il arrive même que l’on n’ait pas donné la consigne que les élèves sont déjà en activité, découpent, collent, scriptent ou que sais-je encore.
Cette automatisation est néfaste car on est dans « le faire pour faire ». Pourtant il y a bien une réflexion menée par les élèves mais plutôt axée sur la réalisation et non sur l’apprentissage intrinsèque. Il est clair que toutes les situations ne sont pas propices et que certaines ne relèvent que de l’exercice, nécessaire pour certaines activités.

3- Des activités trop souvent non cadrées

La consigne est la base de la situation d’apprentissage que ce soit en atelier principal ou en réinvestissement. Elle induit la réflexion, les orientations techniques, le cheminement, le résultat attendu. Le lancement des ateliers par l’enseignant est donc primordial.
Faire apprendre en atelier implique un certain niveau sonore dans la classe. Les ateliers satellites étant sans enseignant ou parfois accompagné d’une ATSEM, il convient que la tâche donnée favorise la concentration et que cela soit accompagné d’un « bruit » acceptable dans la classe.

Les exercices en atelier satellite relevant des notions abordées au préalable en atelier d’apprentissage, sont souvent sur support papier. Ce n’est pas un problème si :

  • Cela concerne un seul atelier
  • Que la structure/le type de l’exercice soit maitrisé par les enfants
  • Que les élèves aient la capacité technique ainsi que l’autonomie suffisante pour réaliser la tâche demandée
  • Que la différenciation du niveau de l’exercice soit effective pour tenir compte de tous les élèves,
  • Que les autres ateliers soient basés sur des jeux PÉDAGOGIQUES vus au préalable avec l’enseignant et maitrisés. Mais aussi des activités où les tâches demandées, correspondent au mieux avec les capacités techniques (coupage, collage, modelage, assemblage…) possibles des enfants et correspondant au timing d’une rotation.
  • Que l’enseignant soit mobile
    Ce n’est souvent pas cela qui est observable dans les classes mais plutôt :
  • Du papier
  • Des jeux occupationnels.
  • Des activités trop ardues ou trop simples

Ces points mettent en exergue des situations vécues ou observées. Les nouveaux programmes sont clairs et donnent beaucoup de possibilités aux enseignants pour changer ce qui ne va pas.

On peut résumer cela par des orientations par niveau :

La petite section (2 à 4 ans) :

  • L’enfant s’adapte à l’école (socialisation, rythme…)
  • La conquête du langage de manière centrale est posée
  • Une multiplication des situations, des expériences permettant de construire le langage et des images mentales prêtent à être mobilisées par la suite
    - Des enseignant(e)s qui accompagnent et stimulent

Les moyennes et grande section (4 à 6 ans) :

  • L’acquisition d’habilités motrices, de capacités langagières et des compétences sociales permettant plus d’autonomie
  • L’acquisition de capacités cognitives permettant aux enfants d’anticiper, de commencer à se décentrer et à analyser
    - Des enseignant(e)s qui varient d’avantage les modes de sollicitation

Apprendre aux enfants à réfléchir et le faire dans le temps est certainement ce qui portera ces fruits. La maternelle a toujours été dans cette vision mais les programmes de 2007 ont rendu les savoirs compilatoire, pré-élémentarisé la grande section et pour quels résultats ?
Les évaluations nationales diverses de ces dernières années donnent la réponse.
Ainsi pour répondre aux nouveaux programmes, il convient aussi de changer les habitudes prises ces 10 dernières années et revoir son organisation pédagogique donc de classe, ce qui est un préalable pour certains.
Rien n’est à inventer ou presque car tout est là. Il faut juste le moderniser, l’adapter, le rendre efficace, le contextualiser aux réalités de la Guyane.

Voici quelques éléments sémantiques sur la pédagogie par atelier :
Un atelier :
C’est un espace défini organisé, où l’on trouvera ce qu’il faut pour résoudre, traiter une tâche. En général il est bâti avec une table ou un ensemble de table dans lequel un groupe d’enfants travaille à une même tâche. Ils peuvent coopérer pour la résoudre ou la traiter individuellement et échanger collectivement.
Il est structuré autour d’un apprentissage précis et soumis à une consigne. Un bilan doit se faire en fin de rotation ou de séance.
Un coin :
Lieu d’activité libre, non contraint, sans consigne particulière, il est utilisé en autonomie.
Un espace :
C’est un lieu modulable, thématique, obéissant à des besoins particuliers ponctuels ou permanents, individuel, semi-collectif ou collectif, en autonomie ou dirigé.

Les ateliers peuvent être de différents types, ils sont présentés dans le tableau suivant :

Certains de ces termes ne correspondent pas avec le langage utilisé et en fait ce n’est pas très important. Ce qui l’est, est d’être en accord sur le contenu de chacun des ateliers.
Il est important que chaque enseignant comprenne les enjeux de cette pédagogie, ce n’est pas une simple mécanique mais bel et bien un instrument de la pédagogie active, définie par les programmes de l’Éducation Nationale.

Chasser M. PAPIER de ces dispositifs est illusoire car ce support devient indispensable au fur et à mesure de la scolarité mais retardons au maximum cette utilisation, rendons là utile et non symbole de production.

J’ai bien conscience que les conditions matérielles des écoles sont compliquées et qu’il faut beaucoup de moyens pour mettre en place cette pédagogie. Par exemple, travaillant dans un Mobil-Home, je sais ce qu’est optimiser l’espace, travailler sans point d’eau…

Un enseignant de maternelle est avant tout quelqu’un qui créé son matériel en adéquation avec les besoins des élèves et les possibilités techniques de la classe.

Rouveau Yannick

PEMF Enseignement et Numérique.
Sources :
Ateliers de compétences : Dominique Gourgues CPC Grenoble 5

IEN MATERNELLE :
Mme Andrée STEPHENSON
Andree.Stephenson@ac-guyane.fr
0594 27 19 91


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